ROLAND, debout.
Sans casser le verre!
GASTON, debout et remontant.
Va au diable, toi! tes railleries et l'Enfer dont tu es!... (Redescendant à lui, vivement.) Je t'étranglerais, pour m'avoir aidé à devenir ce que je suis! (Il va s'accouder sur la cheminée.)
ROLAND.
Oh! là là! Où allons-nous? je t'ai fait ce que tu voulais être, petit ingrat! Un dévorant! Il te prend aujourd'hui fantaisie de tâter de la vertu! Est-ce que je t'en empêche, moi? Je t'en défie, voilà tout. Mais si cela peut te faire plaisir, je veux bien en essayer avec toi; pour changer!—Voyons! veux-tu essayer de la vertu avec papa Ferragus, cher petit?—A nous deux, j'ai idée que ce sera drôle!
GASTON, accoudé sur la cheminée, relevant la tête.
Tu m'en défies!... Comme si je ne l'avais pas connu ce bonheur sans égal d'être content de soi-même!—Une vie si belle, si calme, si douce, si délicieuse: c'était le paradis, Roland!—Plus de fièvre que celle de mon amour! Quels souvenirs!... Et pourquoi suis-je revenu dans cette ville maudite... où je retombe aussitôt dans ma boue, comme une brute que je suis?
ROLAND.
C'est que tu regrettes ta boue, comme les carpes de madame de Maintenon!