JEANNE, ironiquement avec un éclat de rire.
Ah! si vous me le jurez! Ah! du moment que sous le jurez!
GASTON, effaré.
Mais enfin!....
JEANNE.
Oui, oui, cherche donc tes mensonges et prouve-moi qu'elle n'était pas pour une autre!
GASTON, troublé, de bonne foi, et ne sachant plus ce qu'il dit.
Pour une autre! ma lettre!... Mais voyons, raisonnons! (Il veut lui prendre encore la main, elle le repousse.) Ne t'emporte pas!... Mais je l'ai écrite, n'est-ce pas, et donnée!... L'ai-je donnée? Enfin, oui!... je n'en sais rien!... Mais après tout, à qui voulez-vous?... Ah! je suis bien assez coupable de ce qui est pourtant!... sans m'accuser de ce qui n'est pas!—Et enfin! je suis venu, et c'est moi-même, peut-être!... ou bien... non! Mais enfin (avec force et désespoir) elle était pour toi!... elle était pour toi! Jeanne, voilà ce qui est vrai!...
JEANNE, qui l'a regardé ironiquement et avec mépris, tout le temps qu'il a parlé.
Ah! tenez, vous me faites pitié! Vous ne savez même plus mentir!