GASTON, se levant vivement.
Ah! c'est une lâcheté, cela! Tu l'avais pardonné déjà!...
JEANNE.
Mais une rivale!... Tu as pu croire que je te pardonnerais... Ah! je ne t'aime plus puisque je te hais!... mais tu penses bien que je ne te hais pas encore assez pour te permettre d'en aimer une autre!
GASTON, à ses pieds, cherchant à se faire écouter en tournant autour d'elle, à genoux.
Laisse-moi!...
JEANNE, sans l'écouter, se dégageant toujours de ses mains.
Et dire que j'ai cru, moi, à l'amour d'un pareil homme!... que j'ai rêvé, moi, le salut de cette âme!... Et j'ai voulu le tirer de son bourbier, et je n'ai pas compris que c'est lui qui m'entraînait dans sa boue! Et j'ai fait tout cela, stupide, parce que tu pleurais, parce que tu te roulais à mes pieds comme à présent!... Et je t'ai tendu la main! cette main que je voudrais couper maintenant, et te jeter au visage pour la punir d'avoir touché la tienne!
GASTON, à genoux, seul, au milieu de la scène.
Ah! accable-moi! injurie-moi! il viendra pourtant bien une heure où il faudra que tu m'écoutes!