Gaston!
GASTON, se dégageant.
Je veux la voir!... (Il s'élance vers la porte du fond et arrive à temps pour soutenir Jeanne qui paraît sur le seuil toute pâle et toute chancelante... Gaston l'enlève dans ses bras et poussant un cri de joie.) Ah! ma Jeanne bien-aimée!... c'est toi! (Il l'entraîne sur le devant de la scène, dans un mouvement de joie et là, reste frappé de stupeur devant Jeanne immobile, qui ne le regarde pas, et qui tremble de fièvre... Silence de tous... Gaston les regarde comme pour les interroger, puis regarde Jeanne en la soutenant.) Mon Dieu!... Jeanne!... qu'y a-t-il?... (Jeanne ne répond rien, et ne le regarde même pas; elle cherche seulement en haletant et par un mouvement régulier et machinal comme celui des moribonds à dégager son cou et sa poitrine comme quelqu'un qui étouffe... Gaston effrayé l'appelle encore plus doucement.) Jeanne! rien... ma Jeanne! (Il la dépose sur la causeuse que Trick et Roland ont fait rouler au milieu de l'avant-scène; épouvanté.) Seigneur Dieu! voilà donc la vérité?...
ROLAND, cherchant à l'entraîner.
Hélas oui! Elle ne te reconnaît même plus!... viens, je t'en supplie!...
GASTON.
Non!... ce n'est pas vrai!... Laisse-moi, je veux lui parler!... Je veux qu'elle me parle!... Jeanne, Jeanne!...
ROLAND.
Avec ce délire qui ne la quitte plus!...
GASTON, revenant à Jeanne.