SARAH.

Dans le nombre, il s'en est bien trouvé au moins une.

JEANNE.

Non!

SARAH.

Pourquoi?

JEANNE.

Parce qu'il vaudrait mieux!—A quoi serait bon notre amour, sinon à rendre meilleurs ceux que nous aimons. Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es!... celles qui l'ont aimé, ou qui l'ont cru du moins, n'ont-elles jamais tenté de le disputer à ses vices? Elles étaient donc bien faibles ou bien lâches... Belle partie à jouer pourtant que le salut de cette âme à gagner! mais il fallait aimer grandement, éperdument, l'envahir, le posséder, lui souffler une âme nouvelle, se dévouer, s'immoler, souffrir! et trouver du charme à ses souffrances même! Il fallait enfin!... il fallait aimer! (Exclamation et mouvement de Profilet; Cyprien l'arrête.) Et, après cela, que ce monsieur soit ce qu'il voudra... bon ou mauvais, loyal ou parjure, cela m'est égal, n'est-ce pas, et je me trouve bien bonne de discuter pour lui?... Voici le feu qui flambe!... (Elle va à la cheminée.)

RENNEQUIN, à part, à Cyprien et à Profilet et après avoir regardé Jeanne qui s'est assise à la cheminée.

Heu!... il n'y a pas que le fagot qui brûle! Et j'ai peur que nous n'ayons fait à nous trois l'office de soufflet.