—Dites ce que vous exigez de moi: j'obéirai.
Un éclair de triomphe passa dans les yeux de l'ex-fournisseur. Il saisit avec empressement la main de sa fiancée et, la portant respectueusement à ses lèvres, il dit en fléchissant le genou comme un preux chevalier qu'il n'était pas:
—Mademoiselle, le plus humble de vos adorateurs n'a pas ici à commander, mais à implorer.
—Implorez alors, répondit froidement Mlle Privat, mais faites vite, car cette scène m'épuise.
—Eh bien! mademoiselle, répliqua Lapierre en se levant, je m'estimerais heureux si vous daigniez vous montrer en compagnie un peu plus bienveillante à mon égard.
—Je ferai mon devoir de fiancée, monsieur. Après.
—Après?... Ma foi, je ne vous cacherai pas que je tiens beaucoup à ce que votre cousin ne vienne plus jouer vis-à-vis de vous le rôle de protecteur, ou plutôt celui de vengeur—comme si vous étiez une victime et moi un bourreau.
—C'est affaire entre vous et lui. Quant à moi, je n'ai jamais dit à mon cousin un seul mot de nature à, lui laisser supposer que je fusse forcée, d'une façon quelconque, de vous épouser.
—Cependant, ce jeune homme vous aime...
—Je n'en sais rien monsieur.