—Irrévocablement?

—Pourquoi pas?... Est-ce que, par hasard, quelqu'un aurait le droit de me forcer la main?

—Non, mademoiselle, personne n'a ce droit, répondit gravement Després; mais il n'en est pas moins vrai qu'un homme s'est trouvé qui a cru pouvoir le prendre, ce droit; il n'en est pas moins vrai que, vous qui êtes jeune, belle et riche, vous vous mariez contre votre gré.

Laure pâlit, et regardant son interlocuteur en face:

—Monsieur! dit-elle, vous abusez...

—Laissez faire, mademoiselle... reprit tranquillement Després. Je n'avance rien que je ne sois en mesure de prouver. Tout-à-l'heure, vous me rendrez justice.

Puis continuant:

—Donc, vous vous mariez contre votre gré et vous n'aimez pas celui qui sera bientôt votre époux.

—Je vous laisse dire, puisqu'il le faut.

—Bien plus, pauvre jeune fille, vous avez au coeur un autre amour, une de ces passions suaves et douces qui sont l'histoire de toute une vie et ne s'éteignent jamais.