—Passe-Partout! Bill!

Les deux mécréants ne répondirent pas—et pour cause. Ils trottaient en ce moment sur la route de Charlesbourg,—avec leur prisonnier Gustave Després.

Lapierre eut un rayon d'espérance.

—Serait-ce déjà fait? se dit-il. Allons voir au signe convenu.

Et, se glissant sous les rameaux entrelacés, le rôdeur nocturne s'approcha du banc que l'on connaît. Une fois là, il tâta avec sa main et poussa une exclamation étouffée, en sentant, sous ses doigts une petite branche attachée grossièrement à une extrémité du dossier.

—C'est fait! s'écria-t-il! Mon ami Després est allé rendre ses hommages à la mère Friponne. Brave Bill! brave Passe-Partout! comme ils me font une bonne besogne et quelle heureuse idée j'ai eue de me les associer!

Après avoir ainsi exprimé sa satisfaction. Lapierre se disposa au retour. Il refit le chemin qu'il venait de parcourir, se faufilant avec les mêmes précautions au milieu du parc, fuyant les endroits éclairés et adoptant de préférence les sentes plongées dans l'obscurité.

Une heure après son départ, il rentrait au cottage, dans le même moment—comme nous l'avons vu—où Paul Champfort en sortait par les appartements de derrière.

Le fiancée de Mlle Privat n'étant plus reconnaissable. Sa figure rayonnait, et un sourire de triomphe mal comprimé courbait sa fine moustache.

Laure s'aperçut de ce changement à vue et ne put s'empêcher de frémir. Elle préférait voir son prétendant soucieux et préoccupé, que de lire sur son front l'annonce d'un succès prochain. En effet, tout ce qui était joie chez cet homme ne présageait-il pas douleur et désillusion pour elle.