—C'est fâcheux, en effet, repartit Mlle Privat, mais que voulez-vous?... les opinions sont libres, et je profite de cette liberté.
—Tu en profites peut-être trop, ma fille, dit avec bonté. Mme Privat. Ce pauvre Paul, tu prends plaisir à le contrarier; tu le maltraites véritablement.
—Oh! ma tante...
—On dirait, ma chère Laure, que tu n'aimes pas ton cousin ou que tu as contre lui des griefs sérieux.
—Moi?... En vérité, ma mère, où prenez-vous cela? Je n'ai pas le moindre grief contre mon cousin, et je l'aime à en mourir.
—Je ne demande pas tant que cela, répondit un peu ironiquement Champfort, et je vous prie instamment de vous conserver pour votre heureux fiancé, cet excellent monsieur Lapierre.
Un éclair passa dans les yeux de Laure.
—Oh! vos craintes n'ont pas leur raison d'être, je vous prie de le croire, répliqua-t-elle avec hauteur.
—Tant mieux pour lui! articula froidement Paul.
—Assez! assez! mes enfants, interrompit Mme Privat. Si vous continuez sur ce ton, vous allez vous chicaner, et ça ne sera pas joli, savez-vous, entre frère et soeur—car vous êtes frère et soeur, souvenez-vous-en. Je t'ai toujours considéré, Paul, comme mon enfant; j'en avais fait la promesse à ta pauvre mère.