—Quelle mise en scène pour le dénouement du drame!... murmure le sinistre personnage.... Après une lutte terrible contre les éléments déchaînés, le survivant arrive chez les parents atterrés, couvert de sang, la tête fendue, trempé comme une loque mise à lessiver. Il s'arrête en face du logis.... Sa tête se courbe, ses genoux fléchissent.... Il ne peut articuler un mot....

«On accourt.... On s'émeut.... La mère a un cri: Et.... Arthur?»

«Le survivant courbe de plus en plus la tête, force ses yeux à produire quelques larmes; puis, sans un mot, lève vers le ciel ses bras tremblants et.... s'affaisse, privé de sentiment, comme tout à l'heure.

«Mais cette fois, ce ne sera que pour la frime!.... Car je n'aime guère ce genre de pantomime, bon pour les femmes,—et encore!....

«Voilà mon programme pour l'arrivée!

«Et je défie bien le diable lui-même, mon digne patron, de venir me contredire!!!....»

Après ce soliloque, Gaspard semble reprendre possession de son sang-froid ordinaire.

Au bout d'une minute employée à réfléchir, il reprit:

—Et, d'abord, cette blessure si opportune! il ne faut pas qu'elle fasse trop des siennes, qu'elle dépasse les bornes d'une honnête hémorragie.... C'est qu'elle saigne, la gaillarde, comme si elle était sérieuse!

Le misérable y porte la main, palpe, sonde du doigt, s'assure que l'os est intact et finit par dire: