Heureusement, Arthur,—qui n'avait pas, lui, la langue dans sa poche,—intervint:

—Alors, gamin, demanda-t-il à l'enfant, que fais-tu là?.... Te manque-t-il quelque chose?

—Cailloux! répondit le marmiton improvisé, en déposant son jambon par terre et, désignant le feu:

—Des cailloux dans le feu! se récria Arthur. Pourquoi faire? Les cailloux de ce pays-ci seraient-ils du charbon de.... pierre, par hasard?

Mais Gaspard, lui, avait fini par comprendre.

—J'y suis! dit-il.... Des cailloux rougis au feu, un trou dans la terre.... Nous dînerons avec du jambon d'ours cuit à l'étouffée.

—Tiens! c'est vrai.... j'ai entendu parler de cette cuisine de voyage.... Laissons notre petit ami préparer la chose à sa guise, et agissons. Moi, je vais chercher des cailloux. Toi, creuse un trou comme tu pourras.

En un clin-d'oeil, Arthur eut rempli son chapeau de ces pierres arrondies, à nuances variées, qui abondent dans ces parages.

Il les disposa adroitement entre les tisons du foyer et se chargea d'entretenir le feu.

Gaspard, de son côté, creusait une fosse dans le sable, se servant, en guise de pioche, d'un bout de branche pointue et, à défaut do bêche, de ses mains, pour rejeter la terre au dehors.