Et puis, autre chose!....

Pourquoi Gaspard, après avoir vu la chaloupe qui l'avait ramené de l'îlot, seul, s'éventrer sur une saillie rocheuse, en terre ferme avait-il cassé et caché ce morceau de granit,—que Wapwi se proposait bien, du reste, d'aller retrouver tout à l'heure?

Pourquoi?....

Évidemment, parce qu'il voulait faire croire que l'embarcation s'était défoncée sur l'îlot même, et qu'en pareille condition, il n'était pas étonnant qu'Arthur eût péri, lorsque lui-même, Gaspard, n'avait dû son salut qu'à une chance miraculeuse...

Le père Labarou et sa fille écoutaient, atterrés et muets, cette narration, ou plutôt ce plaidoyer, digne d'un policier parisien.

Tour à tour indignés de la fourberie monstrueuse de Gaspard et émerveillés de la sagacité de Wapwi, ils n'interrompirent l'enfant que pour confirmer ses déductions ou le féliciter de son dévouement.

Mais, lorsqu'il en vint à la partie de son récit où il parla de ce cri entendu dans la nuit et de ce spectre noir, dressé sur les flots, le père Labarou s'écria:

—C'est sans doute une illusion de tes sens, mon pauvre petit.... Comment, au milieu du fracas de la tempête, lorsque les vagues déferlaient bruyamment et que le nordêt faisait rage, aurais-tu pu entendre une voix humaine,—étant toi-même du côté du vent?

—Wapwi avait les yeux et les oreilles ouverts tout grands.... Wapwi voyait son maître et il l'a entendu, répéta l'enfant avec obstination.

—Admettons que ce soit réellement le cas.... Comment peux-tu supposer que le pauvre Arthur, lui, t'ait vu arriver à son secours!