—Laissons donc!.... fit Thomas. Qui serait venu?.... Et surtout, qui aurait été déterrer cette pierre au milieu de ce fouillis?

—Au fait.... dit l'autre... je suis fou d'avoir des idées pareilles... Quand je serai plus calme, je mettrai bien la main sur ce morceau de roc.

Pendant quelques minutes, l'entretien se poursuivit, Gaspard parlant, contre son habitude, avec une certaine volubilité, tandis que Thomas avait l'air de poser froidement une série d'objections.

Finalement, on en arriva à s'entendre et se convaincre mutuellement, sans doute, car, tournant le dos à la côte, les nouveaux venus retournèrent à la chaloupe crevée.

Ici encore se manifesta, l'extrême prudence de maître Thomas.

Il, se pencha longtemps sur l'ouverture irrégulière découpée par la pointe de rocher, l'examina des deux côtés, extérieur et intérieur, puis finalement acheva d'arracher le bordage entamé, jusqu'à mi-joint en le déclouant à coupa de pierre.

Cela fait, les deux compères reprirent le chemin de leur embarcation et se rembarquèrent, non toutefois sans avoir jeté au fleuve le bout de planche suspect.

Dix minutes plus tard, la goélette, toutes voiles hautes s'éloignant de la côte, gagnait la haute mer.

—Nous n'avons plus rien à faire ici, dit à son compagnon Euphémie Labarou, Mais nous n'avons pas perdu notre temps, petit Wapwi car nous venons de démasquer, je le jurerais, deux bien grands misérables!....

—Je te demande encore une petite demi-heure, tante Mimie; le temps d'aller repêcher le bout de planche que ces deux imprudents viennent de jeter à l'eau, après l'avoir enlevé à la chaloupe.