Le petit sauvage, en effet, n'avait soulevé aucune objection quand on lui proposa de l'emmener.
Loin de là, peu s'en fallut qu'il ne sautât au cou de son nouvel ami, Arthur en l'entendant lui dire, comme conclusion du dialogue échangé entre eux:
—C'est entendu, mon petit homme: tu viens avec nous et, sauf empêchement imprévu mis par les bonnes gens de Kécarpoui, tu fais de ce jour partie de l'intéressante famille Labarou.
Et il plaça sa main ouverte sur la tête de l'enfant, dont le regard intelligent le remerciait.
Ce geste d'Arthur Labarou, c'était une adoption, une adoption sérieuse.
L'avenir le prouva bien.
Alors, ce fut une avalanche de questions, auxquelles le nouveau «frère» dut répondre le mieux possible,—ou plutôt le plus possible, car il n'était guère babillard, ce gamin de race rouge.
Mais, comme le fils des Gaules avait de la langue pour deux, il finit par tirer au clair la biographie de son protégé.
D'abord, il s'appelait Wapwi.
Il était né de l'autre côté de la mer (le Golfe Saint-Laurent), dans un ouigouam construit sur les borda d'une grande baie qui mêlait ses eaux à celles du lac sans fin (l'Océan Atlantique).... par delà une autre baie bien plus étendue devant laquelle il fallait passer.... (la Haie de Miramichi, évidemment, qui se trouve plus loin que la Baie des Chaleurs, laquelle est dix fois plus considérable).