Il résolut de s'y fixer.
L'installation ne fut ni longue, ni difficile.
Des sapins et des épinettes, de médiocre futaie sur toute cette partie du littoral, furent abattus, grossièrement équarris et superposés pour former les quatre pans du futur logis. Toutes ces pièces de bois, liées à queue d'aronde aux quatre angles, formèrent un carré très solide, que l'on surmonta d'un toit en accent circonflexe, recouvert de planches confectionnées à la diable....
Et la maison était construite.
On s'en rapporta aux jours de chômage à venir pour améliorer petit à petit cette installation faite à la hâte et y ajouter les hangars et autres annexes indispensables.
L'essentiel, pour le moment, c'était de s'organiser pour la pêche.
Les agrès furent inspectés et réparés; la barque radoubée et goudronnée de l'étrave à l'étambot; les voiles remises en état....
Bref, quinze jours après leur abordage, les Labarou se retrouvaient chez eux et reprenaient leur train de vie ordinaire.
Cela devait durer douze années entières, pendant lesquelles un incident digne d'être rapporté vint rompre la monotonie de cette existence patriarcale.