LA SAGESSE HUMAINE.

1750

Préface de l'Éditeur

Longchamp dit que Memnon est de 1746; mais on a vu que c'était d'abord sous ce titre qu'avait été imprimé Zadig; et il est à croire que Longchamp, qui n'a rédigé ses Mémoires que long-temps après, aura confondu les deux ouvrages. Par la raison même que Voltaire avait donné en 1747 un Memnon, il est à présumer que ce n'est pas immédiatement après qu'il aura publié un autre ouvrage sous le même titre. En admettant la nécessité de l'intervalle entre deux ouvrages différents du même auteur, mais ayant le même titre, cet intervalle ne peut s'étendre au-delà de 1750, puisque c'est la date que porte le tome IX de l'édition de Dresde des Oeuvres de Voltaire. C'est sous la même date qu'a été publié le Recueil de pièces en vers et en prose, par l'auteur de la tragédie de Sémiramis, 1750, in-12. P. Clément, auteur des Cinq Années littéraires, dit dans sa quarante-sixième lettre, datée du 13 janvier 1750, qu'il n'y a pas quinze jours que le petit conte de Memnon est échappé à son auteur.

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR[1]

Nous tromper dans nos entreprises,
C'est à quoi nous sommes sujets;
Le matin je fais des projets,
Et le long du jour, des sottises.

Ces petits vers conviennent assez à un grand nombre de raisonneurs; et c'est une chose assez plaisante de voir un grave directeur d'âmes finir par un procès criminel, conjointement avec un banqueroutier[2]. A ce propos, nous réimprimons ici ce petit conte, qui est ailleurs; car il est bon qu'il soit partout.

[1] Voltaire, dans la quatrième partie de ses Questions sur l'Encyclopédie, en 1771, avait un article : CONFIANCE EN SOI-MÊME, qui n'était autre chose que le conte de Memnon, précédé de quatre vers et de quelques lignes de prose, que les éditeurs de Kehl ont intitulés: Avertissement de l'auteur. B.

[2] Billard, et l'abbé Grizel, fameux directeur de consciences. K. — Sur ces deux personnages, voyez la note des Stances à Saurin (dans les Poésies). B.

MEMNON,