Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur?
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C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine.
Il m’est presque impossible de m’arracher à cette période de la vie du poète. Comment affirmer qu’il n’aurait pu y avoir un développement graduel et harmonieux de son talent et de son caractère?
Mais les circonstances s’y opposaient, les fatales circonstances; elles brisèrent impitoyablement les liens qui l’attachaient à une vie régulière et le poussèrent de toutes leurs influences malignes dans une direction extrême. La guerre de 1870 et la Commune troublèrent définitivement le calme dans la petite famille du poète, et le forcèrent à se réfugier à l’étranger. Sa femme ne l’y suivit pas; elle avait séparé son sort du sien. Un jeune homme, d’un génie violent, qui touchait presqu’à la folie,—j’ai nommé Arthur Rimbaud,—avait pris dans le cœur du poète la place qui avait appartenu à l’épouse et à l’enfant. Et ces deux natures exagérées, Verlaine et Rimbaud, rivalisaient à qui surpasserait l’autre dans les excès d’une vie déréglée... La fin de cette liaison fut marquée dans l’existence du poète par une terrible déception et une humiliation profonde.