Les paroles de pardon ne sortent pas naturellement du cœur du poète; loin de là, elles lui sont arrachées par une force qui le contraint et qui le fait souffrir:

Le pardon des offenses

Comme un déchirement.

Il aimerait bien à se venger, quand il pense à ce que son existence aurait pu être, si, à l’heure du péril, une main amie s’était tendue vers lui pour le sauver, quand il se souvient que celle dont la place était à ses côtés l’a persécuté, l’a trahi, l’a poussé du pied dans l’abîme. Sûrement le temps de la vengeance arrivera; et cet espoir seul le soutient encore. Mais il préfère renoncer à cet appui des heures mauvaises, il se dépouille de sa haine et de sa fierté:

L’abandon des vengeances,

Comme un délaissement.

Alors seulement il flotte en plein courant sur les eaux de la pitié et du sacrifice:

Boire la bonne honte,

Être toujours plus doux.

Jusqu’à ce qu’un nouvel écueil lui barre sa route et que le poète s’agite et résiste pour, à la fin, courber la tête en reconnaissant dans la main même qui lui envoie des épreuves le pouvoir divin qui veut son salut. Puis encore...