A LA BRISE DU COUCHANT

Ah! tu m’apportes quelque chose encore, chuchoteuse, invisible,
En ce jour fiévreux où, tard, tu entres par ma fenêtre, par ma porte,
Toi qui viens tout baigner, adoucir, qui viens rafraîchir, tendrement revivifier
L’homme vieux, solitaire, malade, débile, fondu de sueur que je suis;
Toi qui contre moi te serres, qui m’enveloppes étroitement d’une étreinte ferme et cependant molle, tu es une compagne meilleure que la causerie, les livres ou l’art,
(Tu as, ô Nature! vous avez, ô éléments! un langage qui me va au cœur plus que tous les autres—et ceci en fait partie),
Si suave est ton goût primitif que j’aspire au dedans de moi—si doux tes doigts balsamiques sur mon visage et mes mains,
Toi, magique messagère, tu apportes des réconforts étranges à mon corps et à mon esprit,
(Les distances sont vaincues—d’occultes remèdes me pénètrent de la tête aux pieds),
Je sens, comme s’ils me touchaient, le ciel, les prairies vastes—je sens les grands lacs du Nord,
Je sens l’océan et la forêt—je sens en quelque sorte le globe lui-même glissant rapide dans l’espace;
Toi, soufflée de lèvres chéries de moi, à présent disparues—peut-être d’une réserve sans fin, toi, que Dieu m’envoie,
(Car tu es spirituelle, Divine, surtout perçue par mon sens),
Ministre qui viens prononcer pour moi, ici et à cette heure, ce que les mots n’ont jamais pu dire et ne peuvent dire,
N’es-tu pas l’essence de l’universel concret? le suprême raffinement de la Loi, de toute Harmonie des astres?
N’as-tu pas une âme? Ne puis-je te connaître, t’identifier?

L’ORDINAIRE

Je chante l’ordinaire;
Comme peu dispendieuse est la santé! comme peu dispendieuse est la noblesse!
La sobriété, ni mensonge, ni voracité, ni convoitise;
Je chante le plein air, la liberté, la tolérance,
(Recevez ici la leçon capitale—cherchez-la moins dans les livres—moins dans les écoles),
Le jour et la nuit communs à tous—la terre et l’eau communes à tous,
Votre ferme—votre ouvrage, votre métier, votre emploi,
La sagesse démocratique en-dessous, comme un terrain solide pour tous.

TABLE

[Note du Traducteur][1]
[Mon Legs][3]
[En commençant mes études][5]
[En tournées a travers les États][5]
[J’entends chanter l’Amérique][6]
[Ne me fermez pas vos portes][7]
[Une femme m’attend][8]
[Sortie de la foule, océan qui roule][11]
[Combien de temps fumes-nous trompés nous deux][12]
[Je vous ai entendus, doux et solennels chants de l’orgue][14]
[Pour toi, o Démocratie][14]
[Chroniqueurs des âges futurs][15]
[Vous ne trouverez ici que des racines][16]
[Cité d’orgies][17]
[A un étranger][18]
[En ce moment ou je suis seul][19]
[En fendant de la main l’herbe des prairies][20]
[Débordant de vie a cette heure][21]
[Sur le bac de Brooklyn][22]
[Un chant de joies][33]
[A vous][45]
[A la frégate][49]
[Aux riches qui donnent][50]
[Cité des vaisseaux][51]
[L’étrange veillée qu’une nuit j’ai passée sur le champ de bataille][52]
[Le panseur de plaies][54]
[Donnez-moi le splendide soleil silencieux][59]
[O gars des prairies au visage tanné][63]
[Réconciliation][63]
[Il y avait une fois un enfant qui sortait chaque jour][67]
[La morgue][67]
[Cet engrais][68]
[A un révolutionnaire d’Europe vaincu][72]
[De derrière ce masque][74]
[La voix][76]
[A celui qui fut crucifié][78]
[A une fille publique][79]
[Miracles][80]
[Que suis-je, après tout][81]
[Cosmos][82]
[Qui veut apprendre ma leçon entière?][83]
[Toujours cette musique autour de moi][85]
[Oh toujours vivre et toujours mourir][86]
[A quelqu’un qui va bientot mourir][87]
[L’invocation suprême][88]
[Toi, globe la-haut][89]
[Visages][91]
[A une locomotive en hiver][97]
[Mannahatta][99]
[Tout est vérité][101]
[Excelsior][102]
[Pensées][104]
[Intermédiaires][105]
[Esprit qui as façonné cette nature
(ecrit à platte cañon, colorado)
]
[106]
[Au soleil couchant][107]
[Au moment ou ils tirent a leur fin][111]
[Adieu!][112]
[Hautaines tes lèvres, rauque ta voix, o mer][117]
[Remerciements dans ma vieillesse][118]
[Vous n’êtes pas, o mes chants, que de maigres rameaux][120]
[Après le souper et la causerie][121]
[A la brise du couchant][122]
[L’ordinaire][123]