—C'est ce qu'il faudra voir, dit Hobby, avançant intrépidement la torche à la main.
Le maraudeur fit feu, mais sans atteindre Hobby Earnscliff avait tiré au même instant, et un coup si bien ajusté à travers la meurtrière étroite, que la balle effleura la joue du scélérat et en fit sortir le sang. Il avait probablement calculé que son poste le mettait plus en sûreté, car il ne sentit pas plutôt sa blessure, quoiqu'elle fût très légère, qu'il demanda à parlementer.
—Pourquoi, leur dit-il, venez-vous attaquer de cette manière un homme honnête et paisible?
—Parce que vous retenez une prisonnière, dit Earnscliff, et que nous avons résolu de la délivrer.
—Et quel intérêt prenez-vous à elle?
—C'est ce que vous n'avez pas le droit de nous demander, vous qui la retenez de vive force.
—Ah! je puis bien m'en douter! Au surplus, je n'ai pas envie de me faire une querelle à mort en versant le sang d'aucun de vous, quoique Earnscliff n'ait pas craint de verser le mien, lui qui sait viser si juste. Pour prévenir de plus grands malheurs, je consens à vous rendre ma prisonnière, puisque vous ne vous en irez qu'à cette condition.
—Et tout ce que vous avez volé à Hobby, s'écria Simon, vous n'en parlez pas? Croyez-vous que nous souffrirons que vous veniez piller nos étables comme si c'était le poulailler d'une vieille femme?
—Je sais ce qui est arrivé à Hobby, dit le brigand; mais sur mon âme et conscience, il n'y a pas dans la tour un clou qui lui appartienne: tout a été emporté dans le Cumberland. Je connais les voleurs, je vous promets de lui faire rendre tout ce qui pourra se retrouver. S'il veut aller à Castleton avec deux amis, dans trois jours je m'y trouverai avec deux des miens, et je tâcherai de lui donner satisfaction.
—C'est bon! c'est bon! cria Hobby. Ne parlez pas de cela, dit-il tout bas à Simon; tâchons seulement de tirer la pauvre Grâce des griffes de ce vieux scélérat.