—Comme tu as raison, gémit le malade.
—Dans ces jours sombres, notre Patrie a besoin de tous ses enfants, car tout bras qui sait et peut travailler est indispensable, continue Grotthauser.
—Combien il vaudrait mieux s’en servir pour frapper, grince Tornten.
—Oh! non, surtout pas cela, sans quoi il n’y aurait plus de paix possible pour notre pauvre Patrie tourmentée. Plutôt supporter la honte. Celui-là aussi est un héros qui sait porter sa croix sans faiblir.
—Combien c’est vrai! Aussi, nous dévorons l’affront de cette paix.
—Elle n’est pas notre seule épreuve! Il s’est passé, depuis, des choses pires encore. Sais-tu bien, Thor, depuis combien de temps tu es dans cet hôpital?
—Non, j’ai perdu la notion du temps.
Grotthauser jette sur Carry un regard d’interrogation. Elle porte les yeux sur le calendrier qui pend entre les deux fenêtres au-dessus d’une petite table de laque blanche et répond avec embarras:
Thor s’effare: