En outre, il appréciait plusieurs des avantages personnels qu’elle possédait: une voix douce et musicale, un regard tendre, voilé de longs cils, une pose d’épaules tombantes, et de mains paresseusement posées l’une dans l’autre sur les genoux, beaucoup de sérénité dans la figure, un rire plein de sonorité légère et franche.

Il n’y avait rien de bien rare dans toutes ces qualités; et, combinées d’une façon différente, il les avait remarquées mille fois chez d’autres.

Et pourtant, chez Kitty, il y trouvait une étrange fascination.

Elle avait de ces petites minauderies qui provoquent des soins doux et caressants; mais il s’était aperçu aussi qu’elle tenait assez du petit chat pour se défendre contre les actes de condescendance excessive; et jamais elle ne le séduisait plus que lorsqu’elle montrait toute l’élévation de son caractère, en lui résistant le plus énergiquement.

Ici et pour le moment, tout était parfait; mais il se devait à son avenir, et sa conscience ne le laissait pas en repos.

Le charme de se rencontrer avec elle si familièrement sous le même toit, l’entraînement de sa présence habituelle, lui devenaient intolérables.

Il ne pouvait pas s’y soumettre plus longtemps. Dans son intérêt, il fallait en finir.

Mais d’une heure à l’autre, il sentait sa résolution s’amollir, et il restait.

Les jours qu’il passait en hésitations, à la pensée de l’immense distance qu’il y avait entre lui, Kitty et la famille de celle-ci lui apportaient aussi des moments d’heureux oubli, pendant lesquels toutes ses craintes s’évanouissaient devant la beauté douce de la jeune fille, et la grâce enfantine que, sans le savoir, elle déployait dans chacun de ses mouvements.

Il se blâmait eu vain de laisser le temps s’écouler de cette façon; une semaine, deux semaines avaient fui comme un rêve, et il attendait que le hasard vînt se placer entre lui et sa folie.