Le mur ici longe le bord de l’escarpement sur lequel la ville est construite.
Une côte dont un parapet en pierre suit les courbes et les angles, conduit de la haute à la basse-ville qui n’était, en 1755, qu’un simple sentier côtoyant le Saint-Laurent.
On a considérablement empiété sur le fleuve depuis; et plusieurs rues ainsi que de nombreuses jetées s’étendent maintenant entre le fleuve et la falaise. Ce qui n’empêche pas l’ancienne rue Saut-au-Matelot de ramper encore tortueusement au-dessous des murs de la ville et du roc qui surplombe avec ses épaisses touffes d’herbes et ses abondants suintements.
Ce doit être une glacière en hiver, et probablement le dernier endroit du continent où l’été pénètre; mais une fois qu’il en a pris possession, alors le vieux Saut-au-Matelot prend un air de loisir et d’abandon méridional, qu’on ne rencontre nulle part ailleurs qu’en Italie.
La perspective que l’on aperçoit de la saillie de rocher sur laquelle s’appuie la porte Hope, et derrière laquelle les Américains défaits vinrent chercher un refuge contre le feu de l’ennemi, est presque unique pour sa malpropreté pittoresque et son luxe de couleurs sauvages.
Ce ne sont qu’étables et hangars effondrés, que boutiques délabrées de toutes les descriptions, déroulant à la file leurs toitures inégales, et s’appuyant le long du rocher dans toutes les positions imaginables de l’incurie et de la décrépitude.
De maigres passerelles en bois mettent ces masures en communication avec le deuxième étage des maisons qui tournent le dos à la ruelle.
Au-dessus de ces passerelles, sur un enchevêtrement de cordes à linge, flotte une variété d’articles de toilette de toutes les couleurs, de tous les âges, de tous les sexes et de toutes les conditions. Sur le trottoir pullulent les commères, les fumeurs, des volailles errantes, des chats, des enfants, pêle-mêle avec de gros et indolents terreneuves.
—Ce fut par cette ruelle que les soldats d’Arnold s’avancèrent presque jusqu’à la rue de la Montagne, où ils devaient se joindre à Montgomery pour surprendre la barrière Prescott, dit le colonel avec son érudition de seconde main, qui ne lui faisait jamais défaut.
“Vous tous qui me suivez dans cette tentative,