—J’ai une réponse à tout cela, c’est que je vous aime!
Kitty se sentit prise d’admiration pour cette magnanimité; et, avec plus de tendresse qu’elle n’en avait encore ressenti pour lui:
—Je regrette, dit-elle, de ne pas pouvoir vous répondre immédiatement comme vous le désirez, monsieur Arbuton.
—Mais vous répondrez demain?
Elle secoua la tête.
—Je ne sais pas. Oh! je ne sais pas. J’ai pensé à quelque chose. Mme March m’a invitée à visiter Boston; mais nous y avons renoncé à cause de notre séjour ici. Si j’en faisais la demande à mes cousins, ils consentiraient sans doute à retourner chez eux par cette voie. C’est cruel de vous faire attendre encore; mais il faut que vous me voyiez à Boston, ne serait-ce que pour un jour ou deux, après votre retour au milieu de vos connaissances, avant que je puisse vous donner une réponse définitive. Je suis dans une grande perplexité. Il faut que vous attendiez, ou je serais forcée de dire non.
—J’attendrai, dit Arbuton.
—Oh merci! soupira Kitty, toute reconnaissante pour cette condescendance, et non parce qu’elle espérait triompher de l’épreuve. Vous êtes bien généreux.
Elle avança la main de nouveau, mais cette fois ce n’était pas pour le repousser.
Il saisit cette main, la garda un instant dans les siennes, et puis instinctivement la pressa contre ses lèvres.