—Non, dit-il amèrement, parce que c’est de moi que vous doutez. Que pouvez-vous donc avoir remarqué en moi qui vous fasse supposer que je puisse changer à votre égard? dit-il avec une humilité qui la toucha. Je suis porté à croire que vous ne me croyez pas digne de vous.
—Pas digne de moi! Je n’ai jamais songé à rien de semblable.
—Mais me soupçonner d’une vilenie....
—Oh! monsieur Arbuton....
—D’une vilenie comme celle à laquelle vous avez fait allusion hier, c’est plus que je ne puis supporter. J’y ai pensé toute la nuit; il me faut une réponse immédiate, quelle qu’elle soit.
Elle ne répondit pas, car chaque mot prononcé par elle n’avait servi qu’à lui fermer toute issue. Ne sachant que faire, elle leva les yeux sur lui pour implorer sa pitié.
—Pourquoi douter ainsi de moi? demanda-t-il d’un ton pathétique et doux.
—Je ne doute pas de vous, répondit-elle d’une voix aussi faible qu’un souffle.
—Alors vous êtes à moi sans retard et pour toujours! s’écria-t-il en l’attirant vers lui dans un embrassement brusque et rapide.
—Oh! dit-elle simplement, sur un ton de doux reproche en s’attachant involontairement à lui, pendant une seconde, comme pour demander protection contre lui-même.