Rebecca crut se rappeler que c'était en effet le numéro du régiment.

«Le capitaine, ajouta-t-elle, s'appelle le capitaine Dobbin.

—Une grande perche toute dégingandée, reprit Crawley, et qui s'en va de droite et de gauche; ah! je le connais bien. Osborne est un beau jeune homme avec d'épaisses moustaches noires.

—Colossales! reprit Rebecca Sharp. Elles lui donnent de la fierté, je vous assure, à raison de leur dimension.»

Le capitaine Rawdon Crawley fit alors entendre un gros rire; et les dames le pressant de s'expliquer, il se disposa à les satisfaire dès que son accès d'hilarité fut passé.

«Il s'imagine, dit-il, savoir jouer au billard. Je lui ai gagné deux cents livres sterling, au Cocotier. C'est qu'il a encore des prétentions, ce jeune imprudent. Il aurait joué sa chemise ce jour-là, sans son ami le capitaine Dobbin, qui l'a emmené de force; que la peste l'étrangle!

—Rawdon, Rawdon, ne vous faites pas plus noir que vous n'êtes, reprit miss Crawley, fort réjouie de cette histoire.

—C'est que, voyez-vous, madame, ce garçon est jobard comme il n'y en a pas. Tarquin et Deuceace lui soutirent tout l'argent qu'ils veulent. Il irait au diable pour se faire voir avec des monseigneurs. Il leur paye des dîners à Greenwich, où ils amènent toute leur société.

—Et c'est ce qu'il y a de mieux en fait de société?

—Excellente, miss Sharp, excellente, comme cela doit être. On n'en voit pas beaucoup comme cela. Ah! ah! ah!»