«Ah! quelle affliction, madame! une personne de votre rang épouser la fille d'un maître de dessin!
—Sa mère était une Montmorency, s'écria la vieille dame arrachant presque la sonnette.
—Sa mère était une fille d'Opéra, une plancheuse, peut-être pis encore,» repartit mistress Bute.
Miss Crawley poussa un dernier cri et tomba sans connaissance. On la remonta dans sa chambre, d'où elle venait de descendre. Les crises nerveuses se succédaient sans interruption. On fit venir le docteur, et l'apothicaire ne tarda pas à suivre ses pas. Mistress Bute s'installa à son chevet comme garde-malade.
«C'est le devoir de ses parents de veiller sur elle,» disait la charitable Bute.
À peine avait-on remonté miss Crawley dans sa chambre, que survint un nouveau personnage qu'il fallut mettre au courant des faits. C'était le baronnet.
«Où est Becky? dit sir Pitt; où sont ses bagages? Je viens la chercher pour partir avec moi pour Crawley-la-Reine.
—Ne connaissez-vous donc point l'étonnante nouvelle de son mariage clandestin? demanda Briggs.
—Quéque ça me fait? fit sir Pitt. Eh bien! elle est mariée, et voilà tout. Dites-lui de descendre sans plus de retard.
—Vous ne savez donc pas, monsieur, lui demanda miss Briggs, qu'elle n'est plus dans la maison, au grand désespoir de miss Crawley? La pauvre femme a bien manqué mourir lorsque nous lui avons appris l'union de la gouvernante avec le capitaine Rawdon.»