«Ce n'est pas là l'écriture de mon père,» s'écria George tout alarmé.
Il ne disait que trop vrai. La lettre était de l'homme d'affaires de M. Osborne. En voici le contenu:
«Bedford-Row, 7 mai 1815.
«Monsieur,
«Je suis chargé par M. Osborne de vous informer qu'il reste inébranlable dans ses résolutions antérieures. Aussi, par suite du mariage que vous venez de contracter, il cesse de vous considérer dorénavant comme membre de sa famille. Sa détermination est définitive et formelle.
Bien que les sommes dépensées à votre profit, pendant votre minorité, et les billets à vue que vous ne lui avez pas ménagés dans le cours de ces dernières années, dépassent de beaucoup le montant de la somme à laquelle vous avez droit, à savoir, le tiers de la fortune de feu Mrs. Osborne, fortune au partage de laquelle, par le décès de ladite dame, vous avez été appelé en concurrence avec miss Jane Osborne et miss Maria Frances Osborne, M. Osborne m'a chargé cependant de vous informer qu'il renonce à toute reprise sur vos biens, et que la somme de 2000 liv. en 4 pour 100 valeur courante et formant le tiers des 6000 liv. qui constituent la fortune de votre mère, vous sera payée sur quittance, à vous ou à votre chargé d'affaires.
«Votre très-obéissant serviteur,
«Higgs.»
«P.S. M. Osborne me prie de vous donner, pour la dernière fois, avis qu'il ne recevra aucun message, lettre ou communication de votre part sur ce sujet, pas plus que sur aucun autre.»
«Voilà comme vous avez arrangé mes affaires, dit George en lançant à Dobbin un regard fulminant. Tenez, lisez Dobbin.»