—Où est sir Pitt Crawley? demanda miss Sharp avec un air de majesté.

—Hi! hi! c'est moi qui est sir Pitt Crawley. Vous me devez un bon pourboire pour votre bagage. Hi! hi! demandez à mistress Tinker si je ne le suis pas. Mistress Tinker, je vous présente miss Sharp. Mademoiselle la gouvernante, voici ma femme de ménage, ho! ho!»

La personne répondant au nom de mistress Tinker fit au même instant son apparition dans la chambre; elle apportait la pipe et le tabac demandés une minute avant l'arrivée de miss Sharp; elle remit le tout entre les mains de sir Pitt, qui s'assit au coin du feu.

«Et les liards? demanda-t-il; je vous ai donné trois pièces de six liards. Vous avez à me rendre, vieille Tinker!

—Voilà, répliqua mistress Tinker, lui jetant sa monnaie. Être baronnet pour liarder de la sorte!

—Un liard par jour, cela fait sept schellings par an, répondit le maître de céans; sept schellings par an font l'intérêt de sept guinées. Comptez par liards, vieille Tinker, et vous verrez bientôt arriver les guinées.

—C'est bien sir Pitt Crawley à ne pas vous y tromper, ma jeune dame; il n'y en a pas un comme lui pour regarder de si près aux liards, dit mistress Tinker d'un air maussade. D'ici à peu vous connaîtrez encore mieux l'homme.

—Et vous ne m'en aimerez pas moins, miss Sharp, dit le vieux gentilhomme d'un air presque poli; je suis juste avant d'être généreux.

—Il n'a de sa vie fait cadeau d'un liard, bougonna la Tinker.

—Et n'en a nulle envie pour l'avenir: c'est contre mes principes. Allez chercher une chaise à la cuisine, Tinker, si vous avez envie de vous asseoir, et puis nous dirons un mot au souper.»