—Et moi aussi! dit Joe en bougonnant entre ses dents et en chargeant les bagages du baronnet sur la voiture.
—Gardez le siége pour moi, conducteur, cria le membre du parlement au cocher.
—Oui, sir Pitt, répliqua celui-ci la main au chapeau et la rage dans le coeur, car il avait promis cette place à un jeune étudiant de Cambridge, dont il aurait eu au moins une couronne de pourboire. Miss Sharp avait pris une place à l'intérieur de la voiture qui allait la transporter dans un monde nouveau.
Comment le jeune étudiant de Cambridge étendit cinq vêtements sur ses genoux et se mit en frais, lorsque la petite miss Sharp obligée de quitter l'intérieur, vint prendre place à côté de lui; comment il la couvrit d'un de ses paletots, et finit par reprendre toute sa belle humeur;
Comment le monsieur asthmatique et la vieille précieuse qui jurait à tout propos sur son honneur, qu'auparavant elle n'avait jamais voyagé en voiture publique (il y avait toujours quelqu'une de ces dames dans les voitures publiques du temps, hélas! où elles existaient encore, car où sont-elles passées aujourd'hui?) et la grosse veuve avec sa bouteille de brandy prirent successivement leur place sur les banquettes de l'intérieur;
Comment le conducteur leur demanda à tous de l'argent et recueillit six sous du monsieur asthmatique et cinq liards crasseux de la grosse veuve;
Comment la voiture se mit enfin en route et traversa les sombres ruelles d'Aldersgate, fit trembler en passant les vitraux de Saint-Paul, franchit avec rapidité l'entrée des étrangers à Fleet-Market qui, avec Exeter-Change, appartient désormais au monde des souvenirs;
Comment on passa l'Ours blanc de Piccadilly, tandis qu'on voyait flotter un voile de brouillard sur les jardins de Knightsbridge;
Comment on laissa derrière soi Turnham-Green, Brentford et Bagshot;
Il n'est pas besoin de le dire ici.