— Beau-père, je vous ai vu deux fois près de la Banque ce matin.

— Tiens, voilà qui est drôle ! remarqua Shum. Comment avez-vous fait pour me voir deux fois ? Je m’y suis rendu en voiture ; je n’ai fait que descendre pour aller toucher mon argent et je suis remonté dans le fiacre une demi-heure après… Vous étiez donc près de la Banque ?

Altamont toussa ; puis, au lieu de répondre, il parla de la situation politique et d’une girouette qu’il voulait faire placer sur le toit de sa maison.

— Mais, mon ami, interrompit Mary, comment donc as-tu fait pour voir papa deux fois ? Est-ce que tu l’as attendu devant la Banque ?

Altamont chercha encore à détourner la conversation ; mais sa femme revint à la charge.

— Tu étais donc près de la Banque, mon cher Frédéric ? Que faisais-tu là ? répéta-t-elle.

Mon maître, poussé à bout, s’en fut se coucher. Shum, qui venait de vider son neuvième verre de grog, eut besoin de mon appui pour retourner à Pentonville.

— Comment diable a-t-il donc pu me voir deux fois ? se demandait-il tout le long de la route.

IV
LE POT AUX ROSES

Le lendemain, Altamont ne fut pas plus tôt dehors, que madame, au lieu de s’enfermer selon son habitude, sortit de son côté pour se rendre à Pentonville. Après une longue conférence, elle monta en voiture avec sa belle-mère et se fit descendre non loin de la Banque. Les deux femmes passèrent une partie de la journée à rôder dans les environs de cet édifice enfumé. Elles rentrèrent enfin, désespérées de n’avoir rien appris.