(Sortent Cléopâtre, Énobarbus, Alexas, Iras, Charmiane, le devin et la suite.)

LE MESSAGER.—Fulvie, votre épouse, s'est avancée sur le champ de bataille...

ANTOINE.—Contre mon frère Lucius?

LE MESSAGER.—Oui: mais cette guerre a bientôt été terminée. Les circonstances les ont aussitôt réconciliés, et ils ont réuni leurs forces contre César. Mais, dès le premier choc, la fortune de César dans la guerre les a chassés tous deux de l'Italie.

ANTOINE.—Bien: qu'as-tu de plus funeste encore à m'apprendre?

LE MESSAGER.—Les mauvaises nouvelles sont fatales à celui qui les apporte.

ANTOINE.—Oui, quand elles s'adressent à un insensé, ou à un lâche; poursuis.—Avec moi, ce qui est passé est passé, voilà mon principe. Quiconque m'apprend une vérité, dût la mort être au bout de son récit, je l'écoute comme s'il me flattait.

LE MESSAGER.—Labiénus, et c'est une sinistre nouvelle, a envahi l'Asie Mineure depuis l'Euphrate avec son armée de Parthes; sa bannière triomphante a flotté depuis la Syrie, jusqu'à la Lydie et l'Ionie; tandis que...

ANTOINE.—Tandis qu'Antoine, voulais-tu dire...

LE MESSAGER.—Oh! mon maître!