ANTOINE.—Tu n'es qu'un soldat: tais-toi.

ÉNOBARBUS.—J'avais presque oublié que la vérité devait se taire.

ANTOINE.—Tu manques de respect à cette assemblée; ne dis plus rien.

ÉNOBARBUS.—Allons, poursuivez. Je suis muet comme une pierre.

CÉSAR.—Je ne désapprouve point le fond, mais bien, la forme de son discours.—Il n'est pas possible que nous restions amis, nos principes et nos actions différant si fort. Cependant, si je connaissais un lien assez fort pour nous tenir étroitement unis, je le chercherais dans le monde entier.

AGRIPPA.—Permettez-moi, César...

CÉSAR.—Parle, Agrippa.

AGRIPPA.—Vous avez du côté maternel une soeur, la belle Octavie. Le grand Marc-Antoine est veuf maintenant.

CÉSAR.—Ne parle pas ainsi, Agrippa; si Cléopâtre t'entendait, elle te reprocherait, avec raison, ta témérité....

ANTOINE.—Je ne suis pas marié, César; laissez-moi entendre Agrippa.