Une plaine près d'Actium.

Entrent CÉSAR, TAURUS, officiers et autres.

CÉSAR.—Taurus!

TAURUS.—Seigneur!

CÉSAR.—N'agis point sur terre; reste tranquille, et ne provoque pas le combat que l'affaire ne soit décidée sur mer: ne dépasse pas les ordres de ce parchemin, notre fortune en dépend.

(Ils sortent.)
(Entrent Antoine et Énobarbus.)

ANTOINE.—Plaçons nos escadrons de ce côté de la montagne, en face de l'armée de César; de ce poste, nous pourrons découvrir le nombre de ses vaisseaux et agir en conséquence.

(Ils sortent.)

(Canidius traverse le théâtre d'un côté avec son armée
de terre, et Taurus, lieutenant de César, passe de l'autre
côté, dès qu'ils ont disparu on entend le bruit d'un
combat naval.)

ÉNOBARBUS rentre.—Tout est perdu! tout est perdu! Je n'en puis voir davantage. L'Antoniade[25], le vaisseau amiral de la flotte égyptienne tourne son gouvernail et fuit avec les soixante autres vaisseaux. Ce spectacle a foudroyé mes yeux.