ANTONIO.—En un mot, non.

URSULE.—Bon, bon; croyez-vous que je ne vous reconnaisse pas à votre esprit? Le mérite se peut-il cacher? Allons, chut! vous êtes Antonio; les grâces se trahissent toujours; et voilà tout.

BÉATRICE.—Vous ne voulez pas me dire qui vous a dit cela?

BÉNÉDICK.—Non; vous me pardonnerez ma discrétion.

BÉATRICE.—Ni me dire qui vous êtes?

BÉNÉDICK.—Pas pour le moment.

BÉATRICE.—On a donc prétendu que j'étais dédaigneuse, et que je puisais mon esprit dans les Cent joyeux contes[13]. Allons, c'est le seigneur Bénédick qui a dit cela.

Note 13:[ (retour) ] The hundred merry tales, collection populaire d'anecdotes licencieuses et de facéties sans finesse, publiée par John Rastell, au commencement du XVIe siècle, et réimprimée, il y a quelques années, par M. Singer, sous le titre: Shakspeare's Jest Book.

BÉNÉDICK. Qui est-ce?

BÉATRICE.—Oh! je suis sûr que vous le connaissez bien.