CÉLIE.—Il y a plus que cela ici.—Chère cousine!—Ganymède!
OLIVIER.—Voyez; il revient à lui.
ROSALINDE, rouvrant les yeux.—Je voudrais bien être chez nous.
CÉLIE.—Nous allons vous y mener. (A Olivier.) Voudriez-vous, je vous prie, lui prendre le bras?
OLIVIER.—Rassurez-vous, jeune homme.—Mais êtes-vous bien un homme? Vous n'en avez pas le courage.
ROSALINDE.—Non, je ne l'ai pas; je l'avoue.—Ah! monsieur, on pourrait croire que cet évanouissement était une feinte bien jouée: je vous en prie, dites à votre frère comme j'ai bien joué l'évanouissement.
OLIVIER.—Il n'y avait là nulle feinte: votre teint témoigne trop que c'était une émotion sérieuse.
ROSALINDE.—Une pure feinte, je vous assure.
OLIVIER.—Eh bien donc! prenez bon courage et feignez d'être un homme.
ROSALINDE.—C'est ce que je fais: mais, en vérité, j'aurais dû naître femme.