AMIENS.—Et moi, je vais chercher le duc: son banquet est prêt.
(Ils sortent chacun de son côté.)
Note 23: [(retour) ]
«Expression proverbiale pour dire les personnes d'une haute naissance.» (JOHNSON.)
SCÈNE VI
Entrent ORLANDO et ADAM.
ADAM.—Mon cher maître, je ne saurais aller plus loin: eh! je me meurs de faim! Je vais me coucher ici et y prendre la mesure de ma fosse. Adieu, mon bon maître.
ORLANDO.—Quoi, Adam! comment! tu n'as pas plus de coeur que cela? Vis encore un peu, console-toi un peu, prends un peu de coeur. S'il existe quelque bête sauvage dans cette affreuse forêt, ou je lui servirai de nourriture, ou je te l'apporterai comme nourriture: ton imagination te fait voir la mort plus près de toi qu'elle ne l'est en effet. Pour l'amour de moi, prends courage; tiens un instant la mort à bout de bras: je suis à toi dans un moment; et si je ne t'apporte pas quelque chose à manger, alors je te permets de mourir: mais si tu meurs avant mon retour, je dirai que tu t'es moqué de mes peines.—Allons, fort bien, tu as l'air plus entrain. Je vais revenir te joindre à l'instant; mais tu es là couché à l'air glacé. Viens, je vais te porter sous quelque abri, et tu ne mourras pas faute d'un dîner, s'il y a quelque chose de vivant dans ce désert. Courage, bon Adam.
(Ils sortent.)
SCÈNE VII
Une autre partie de la forêt.