N'est pas une chose à dédaigner.
(Ils sortent.)
SCÈNE III
La forêt.
ROSALINDE et CÉLIE.
ROSALINDE.—Qu'en pensez-vous maintenant? N'est-il pas deux heures passées? et voyez comme Orlando se trouve ici?
CÉLIE.—Je vous assure qu'avec un amour pur et une cervelle troublée, il a pris son arc et ses flèches, et qu'il est allé tout d'abord... dormir. Mais qui vient ici?
(Entre Sylvius.)
SYLVIUS, à Rosalinde.—Mon message est pour vous, beau jeune homme. Ma charmante Phébé m'a chargé de vous remettre cette lettre (lui remettant la lettre); je n'en sais pas le contenu; mais, à en juger par son air chagrin et les gestes de mauvaise humeur qu'elle faisait en l'écrivant, ce qu'elle contient exprime la colère. Pardonnez-moi, je vous prie, je ne suis qu'un innocent messager.
ROSALINDE.—La patience elle-même tressaillerait à cette lecture, et ferait la fanfaronne; si on souffre cela, il faudra tout souffrir. Elle dit que je ne suis pas beau, que je manque d'usage, que je suis fier, et qu'elle ne pourrait m'aimer, les hommes fussent-ils aussi rares que le phénix. Oh! ma foi, son amour n'est pas le lièvre que je cours. Pourquoi m'écrit-elle sur ce ton-là? Allons, berger, allons, cette lettre est de votre invention.