TROISIÈME ESCLAVE.—Holà! seigneur, voudriez-vous vous mêler des affaires de mon maître?

CORIOLAN.—Cela est plus honnête que de se mêler de celles de ta maîtresse.—Bavard éternel, prête-moi ton bâton; allons, décampe.

(Il le bat, et l'esclave se sauve.) (Aufidius entre, précédé de l'esclave qui l'a averti.)

AUFIDIUS.—Où est cet individu?

SECOND ESCLAVE,—Le voilà, seigneur. Je l'aurais malmené si je n'avais craint de faire du bruit et de troubler vos convives.

AUFIDIUS.—De quel lieu viens-tu? Que demandes-tu? Ton nom? Pourquoi ne réponds-tu pas? Parle: quel est ton nom?

CORIOLAN, se découvrant le visage.—Tullus, si tu ne me connais pas encore, et qu'en me regardant tu ne devines pas qui je suis, la nécessité me forcera de me nommer.

AUFIDIUS.—Quel est ton nom?

(Les esclaves se retirent.)

CORIOLAN.—Un nom fait pour offenser l'oreille des Volsques, et qui ne sonnera pas agréablement à la tienne.