PREMIER CONJURÉ.—Vous êtes entré dans notre ville natale comme un poteau, sans que personne vous ait fait accueil; mais il revient en fatiguant l'air par le bruit qu'il cause.
SECOND CONJURÉ.—Et tout ce peuple stupide, dont il a tué les enfants, s'enroue lâchement à célébrer sa gloire.
TROISIÈME CONJURÉ.—Profitez donc du moment favorable, avant qu'il s'explique et qu'il gagne le peuple par ses discours; qu'il sente votre fer; nous vous seconderons. Lorsqu'il sera couché sur la terre, alors vous raconterez son histoire suivant vos intérêts; et votre harangue ensevelira son apologie avec son corps.
AUFIDIUS.—Cessons nos discours; voici les nobles qui arrivent.
(Entrent les sénateurs volsques.)
LES SÉNATEURS, à Aufidius.—Nous vous félicitons de votre retour dans notre ville.
AUFIDIUS.—Je ne l'ai pas mérité: mais, dignes sénateurs, avez-vous lu avec attention l'écrit que je vous ai fait remettre?
TOUS.—Nous l'avons lu.
PREMIER SÉNATEUR.—Et sa lecture nous a affligés. Les fautes que nous avions à lui reprocher auparavant pouvaient, je pense, aisément s'oublier; mais de finir par où il aurait dû commencer, sacrifier tout le fruit de nos préparatifs de guerre, en faire retomber tout le fardeau sur nous-mêmes en signant un traité avec Rome, lorsque Rome se rendait à nous, c'est un crime qui n'admet aucune excuse.
AUFIDIUS.—Il approche: vous allez l'entendre.