AUFIDIUS.—Mais vous avez jugé prudent de tenir secrets vos grands desseins, jusqu'au jour qui devait nécessairement les dévoiler. A peine conçus, ils sont connus à Rome.—Nos projets ainsi découverts n'atteindront plus leur but, qui était de prendre plusieurs villes avant même que Rome sût que nous étions sur pied.
SECOND SÉNATEUR.—Noble Aufidius, recevez votre commission et volez à vos troupes. Laissez-nous seuls garder Corioles: si les Romains viennent camper sous ses murs, ramenez votre armée pour faire lever le siège; mais vous versez, je crois, que ces grands préparatifs n'ont pas été faits contre nous.
AUFIDIUS.—Ne doutez pas de ce que je vous dis: je ne parle que d'après des informations certaines. Je dirai plus, déjà plusieurs corps de l'armée romaine sont en campagne, et marchent droit sur nous. Je laisse vos seigneuries. Si nous venons à nous rencontrer, Marcius et moi, nous avons juré de combattre jusqu'à ce que l'un de nous deux fût hors d'état de continuer.
TOUS LES SÉNATEURS.—Que les dieux vous secondent!
AUFIDIUS.—Qu'ils veillent sur vos seigneuries!
PREMIER SÉNATEUR.—Adieu!
SECOND SÉNATEUR.—Adieu!
TOUS ENSEMBLE.—Adieu!
(Ils sortent.)