COMINIUS.—Elle vous est accordée. Quelle est-elle?

MARCIUS.—J'ai passé quelque temps ici à Corioles, chez un pauvre citoyen qui m'a traité en ami. Il a poussé dans le combat un cri vers moi: je l'ai vu faire prisonnier. Mais alors Aufidius a paru devant moi, et la fureur a étouffé ma pitié. Je vous demande la liberté de mon malheureux hôte.

COMINIUS.—O noble demande! Fût-il le bourreau de mon fils, il sera libre comme l'air. Rendez-lui la liberté, Titus!

LARTIUS.—Son nom, Marcius?

MARCIUS.—Par Jupiter! je l'ai oublié.—Je suis fatigué, et ma mémoire en est troublée: n'avez-vous point de vin ici?

COMINIUS.—Entrons dans nos tentes: le sang se fige sur votre visage; il est temps que vous preniez soin de vos blessures: allons.

(Ils sortent.)

SCÈNE X

Le camp des Volsques.

Bruit d'instruments militaires: TULLUS AUFIDIUS parait tout sanglant avec deux ou trois officiers.