(Les gens du peuple poursuivent Coriolan de leurs huées, en jetant leurs bonnets en l'air.)
SICINIUS.—Allez, poursuivez-le jusqu'à ce qu'il soit hors des portes; suivez-le comme il vous a suivis: outragez-le, accablez-le des humiliations qu'il mérite.—Donnez-nous une escorte, qui nous accompagne dans les rues de Rome.
TOUT LE PEUPLE.—Allons, allons le voir sortir des portes de Rome. Que les dieux conservent nos dignes tribuns! Allons.
(Ils sortent.)
FIN DU TROISIÈME ACTE.
ACTE QUATRIÈME
SCÈNE I
La scène est près d'une porte de Rome.
CORIOLAN paraît avec VOLUMNIE, VIRGILIE, MÉNÉNIUS, COMINIUS, et plusieurs jeunes patriciens.
CORIOLAN.—Allons, arrêtez vos larmes: abrégeons nos adieux: le monstre aux mille têtes me pousse hors de Rome. Quoi, ma mère! où est votre ancien courage? Vous aviez coutume de me dire que l'adversité est l'épreuve des âmes; que les hommes vulgaires peuvent supporter de vulgaires infortunes; que par une mer calme, tous les pilotes paraissent maîtres dans l'art de manoeuvrer; mais que les coups de la fortune, quand elle frappe au coeur, pour être supportés avec calme, demandent une noble adresse. Vous ne vous lassiez point de nourrir mon âme de principes faits pour la rendre invincible.