(Il se retire avec Horatio.)

LAERTES.—Quelle autre cérémonie?...

HAMLET.—C'est Laërtes, un fort noble jeune homme: écoutons.

LAERTES.—Quelle autre cérémonie?...

PREMIER PRÊTRE.—Ses obsèques ont été poussées aussi loin que nous en avons mission. Sa mort prêtait au doute, et sans cette haute volonté qui l'emporte sur l'ordre établi, elle eût été logée dans une terre non bénite jusqu'à la trompette du dernier jugement. Au lieu de charitables prières, on eût jeté sur elle des tessons, des pierres et des cailloux; mais on lui a accordé ses couronnes de jeune fille, ses jonchées de fleurs virginales, et l'accompagnement des cloches et des funérailles.

LAERTES.—Ne doit-on rien faire de plus?

PREMIER PRÊTRE.—Non, rien de plus; ce serait profaner l'office des morts que de chanter pour elle le Requiem et ce repos réservé aux âmes qui partent en paix.

LAERTES.—Placez-la dans la terre, et puissent de sa chair belle et sans tache mille violettes naître ici![52] Je te dis ceci, prêtre brutal: ma soeur sera un ange protecteur, quand tu seras, toi, tombé là-bas en hurlant!

Note 52:[ (retour) ] De même Perse, Sat. 1, v. 39:

Nunc non e tumulo fortunataqne faville

Nascentur victae?

HAMLET.—Quoi? la belle Ophélia!