Un autre appartement dans le château.
LE ROI entre avec sa suite.
LE ROI.—Je l'ai envoyé quérir, et l'on cherche le corps. Combien il est dangereux que cet homme aille en liberté! Il ne faut pas, cependant, lui appliquer la loi rigoureuse; il est aimé de la multitude désordonnée, qui aime, non d'après son jugement, mais d'après ses yeux; et là où il en est ainsi, on pèse le fléau qui frappe l'offenseur, jamais on ne pèse l'offense. Pour que tout se passe doucement et sans bruit, il faut que cet éloignement soudain paraisse une décision réfléchie. Les maux qui sont devenus désespérés veulent des remèdes désespérés pour être guéris ou ne le sont pas du tout. (Rosencrantz entre.) Eh bien! qu'est-il arrivé?
ROSENCRANTZ.—Où le corps est-il déposé? c'est ce que nous ne pouvons tirer de lui, mon seigneur.
LE ROI.—Mais lui, où est-il?
ROSENCRANTZ.—À la porte, mon seigneur; on le garde et l'on attend vos ordres.
LE ROI.—Amenez-le devant nous.
ROSENCRANTZ.—Holà! Guildenstern, faites entrer mon seigneur.
(Hamlet et Guildenstern entrent.)
LE ROI.—Voyons, Hamlet, où est Polonius?