HAMLET.—Ma mère! père et mère sont mari et femme; mari et femme ne sont qu'une même chair; et ainsi, ma mère.....Allons, en Angleterre!
(Il sort.)
LE ROI.—Suivez-le pas à pas; attirez-le en toute hâte à bord. Ne différez pas; je veux qu'il soit hors d'ici ce soir. Allez, car tout ce qui touche, d'ailleurs, à cette affaire est fait et scellé; je vous prie, hâtez-vous. (Rosencrantz et Guildenstern sortent.) Et toi, Angleterre, si tu tiens mon amitié pour quelque chose (comme ma grande puissance peut te rendre ce point sensible, puisque ta cicatrice se montre encore vive et rouge là où a passé l'épée danoise, et puisque le libre mouvement de ta crainte nous rend hommage), tu n'accueilleras pas froidement notre message souverain, qui implique nettement, par lettres instantes à cet effet, la mort immédiate de Hamlet; entends-moi, Angleterre! car il fait rage comme la fièvre dans mon sang, et il faut que tu me guérisses. Jusqu'à ce que je sache que c'en est fait, quoi qu'il m'arrive, mes joies ne recommenceront pas.
(Il sort.)
SCÈNE IV
Une plaine en Danemark.
FORTINBRAS entre à la tête de ses troupes.
FORTINBRAS.—Allez, capitaine, saluer de ma part le roi de Danemark; dites-lui, qu'avec son agrément, Fortinbras réclame le passage promis pour une expédition à travers son royaume. Vous savez où est le rendez-vous. Si Sa Majesté nous veut quelque chose, nous irons en personne lui rendre nos devoirs; faites-le-lui savoir.
LA CAPITAINE.—Je le ferai, mon seigneur.
FORTINBRAS.—Avancez doucement.