HOTSPUR.--Et quand le diable voudrait rugir ici pour les avoir, je ne les enverrai pas.--Je veux le suivre à l'instant, et le lui dire; je veux soulager mon coeur, fût-ce au péril de ma tête.
NORTHUMBERLAND.--Quoi, tout ivre de colère?--Arrêtez et attendez un moment. Voici votre oncle.
(Entre Worcester.)
HOTSPUR.--Ne plus parler de Mortimer! mordieu! j'en parlerai. Et que mon âme n'ait jamais miséricorde si je ne me joins pas à lui! Oui, j'épuiserai en sa faveur toutes ces veines, je répandrai tout mon sang le plus précieux goutte à goutte sur la poussière, ou j'élèverai Mortimer, qu'on foule aux pieds, aussi haut que ce roi oublieux, cet ingrat et pervers Bolingbroke.
NORTHUMBERLAND, à Worcester.--Mon frère, le roi a fait perdre la raison à votre neveu.
WORCESTER.--Qui donc a allumé toute cette fureur depuis que je suis sorti?
HOTSPUR.--Il veut réellement avoir tous mes prisonniers, et lorsque je suis venu à lui reparler de la rançon du frère de ma femme, ses joues ont pâli, et il a tourné sur moi un oeil de mort; il tremblait au seul nom de Mortimer.
WORCESTER.--Je ne puis le blâmer. Mortimer n'a-t-il pas été déclaré publiquement par Richard, qui aujourd'hui n'est plus, le plus proche du trône après lui?
NORTHUMBERLAND.--Rien n'est plus vrai; j'ai entendu la déclaration: ce fut lorsque notre malheureux roi (Dieu veuille nous pardonner nos torts envers lui!) partit pour son expédition d'Irlande; il y fut intercepté, et n'en revint que pour être déposé, et bientôt après assassiné.
WORCESTER.--Et à cause de cette mort, la voix générale de l'univers nous diffame et parle de nous avec opprobre.