HENRI.--Si fait, Jack, par instinct.

FALSTAFF.--Ah! j'en conviens, par instinct. Eh bien, il est donc là aussi avec un certain Mordake, et encore un millier de bonnets bleus. Worcester s'est sauvé secrètement cette nuit. La barbe de ton père a blanchi de toutes ces nouvelles-là. On peut acheter des terres à présent à aussi bon marché que du maquereau moisi.

HENRI.--Ainsi donc, si le mois de juin est chaud, et que cette bouffée de guerre se prolonge, il est probable que nous aurons les filles [42], comme les clous de fer à cheval, au cent.

Note 42:[ (retour) ] Maiden heaas.

FALSTAFF.--Par la messe! mon garçon, tu dis vrai; il y a apparence que le commerce ira bien pour nous de ce côté-là! Mais dis-moi donc, Hal, n'as-tu pas horriblement peur? À toi qui es l'héritier présomptif, aurait-on pu te trouver dans le monde trois autres ennemis de la sorte de ce démon de Douglas, ce salpêtre de Percy, et ce satan de Glendower? N'as-tu pas horriblement peur? N'as-tu pas le frisson dans le sang?

HENRI.--Pas un brin, sur ma foi. Il me faudrait pour cela un peu de ton instinct.

FALSTAFF.--Oh! tu seras horriblement grondé demain, quand tu te présenteras devant ton père. Allons, par amitié pour moi, prépare une réponse.

HENRI.--Voyons, mets-toi à la place de mon père, et examine-moi sur les particularités de ma vie.

FALSTAFF.--Veux-tu? Volontiers. Cette chaise sera mon trône, ce poignard mon sceptre, et ce coussin ma couronne.

HENRI.--On prendrait ton trône pour un escabeau, ton sceptre d'or pour un poignard de plomb, et ta précieuse et riche couronne pour la triste tonsure d'une tête chauve.