MORTIMER.--Mon bon père, dites-lui qu'elle et ma tante Percy nous suivront de près sous votre escorte.
(Glendower parle à sa fille en gallois, et elle lui répond dans le même langage.)
GLENDOWER.--Elle se désespère. C'est une petite créature entêtée et volontaire, sur qui la persuasion ne peut rien.
(Lady Mortimer parle à son époux en gallois.)
MORTIMER.--J'entends tes regards: pour ce joli gallois qui tombe de ces yeux gonflés de larmes, j'y suis parfaitement habile; et si la honte ne me retenait pas, je te répondrais dans le même langage, (Lady Mortimer parle.) Oui, je comprends tes baisers et toi les miens, et c'est un dialogue tout en sentiment.--Mais je te promets, ma bien-aimée, de ne pas perdre un instant jusqu'à ce que j'aie appris ta langue; car dans ta bouche le gallois a autant de douceur que les airs les mieux composés chantés par une belle reine, sous un berceau d'été, avec les plus ravissantes modulations et l'accompagnement de son luth.
GLENDOWER.--Si vous vous attendrissez, elle perdra la raison.
(Lady Mortimer parle encore.)
MORTIMER.--Oh! je suis parfaitement ignorant de ceci.
GLENDOWER.--Elle vous invite à vous coucher sur les joncs voluptueux, et à reposer votre tête chérie sur ses genoux; elle vous chantera l'air que vous aimez, et fera régner sur vos paupières le dieu du sommeil qui charmera vos sens par un doux assoupissement, et vous fera passer de la veille au sommeil par un aussi doux changement que celui qui sépare le jour de la nuit, une heure avant que le céleste attelage commence à l'orient sa course dorée.
MORTIMER.--Je veux bien de tout mon coeur m'asseoir et l'entendre chanter. Pendant ce temps-là, à ce que je présume, notre traité sera rédigé.