FIN DU QUATRIÈME ACTE.
ACTE CINQUIÈME
SCÈNE I
Le camp du roi près de Shrewsbury.
Entrent LE ROI HENRI, LE PRINCE HENRI, LE PRINCE JEAN DE LANCASTRE, SIR WALTER BLOUNT ET SIR JEAN FALSTAFF.
LE ROI.--Comme le soleil commence à se montrer sanglant au-dessus de cette montagne boisée! Le jour pâlit en le voyant si troublé.
HENRI.--Le vent du midi faisant fonction de trompette nous annonce ses desseins, et par de sourds mugissements à travers les feuillages prédit la tempête et un jour orageux.
LE ROI.--Qu'ils sympathisent donc avec les vaincus; rien ne paraît sombre aux vainqueurs. (Entrent Worcester et Vernon.) C'est vous, milord Worcester? Il ne convient guère que nous nous rencontrions ici en de pareils termes. Vous avez trompé notre confiance; vous nous avez forcés de dépouiller les commodes vêtements de la paix, pour froisser d'un dur acier nos membres vieillis. Cela n'est pas bien, milord, cela n'est pas bien. Que répondez-vous? Voulez-vous dénouer le noeud féroce d'une guerre abhorrée de tous, et rentrer dans cette sphère d'obéissance où vous brilliez d'un éclat pur et naturel? Voulez-vous cesser de ressembler à un météore exhalé dans les airs, prodige terrible et présage des calamités annoncées aux temps à venir?
WORCESTER.--Écoutez-moi, mon souverain.--- Pour ce qui me regarde, je serais sans doute satisfait de couler les restes pesants de ma vie à travers des heures paisibles; car je vous proteste que je n'ai point cherché le jour de cette rupture.
LE ROI.--Vous ne l'avez pas cherché? comment donc est-il arrivé?